Est-ce vrai que l’on peut gagner plus en freelance qu’en tant que salarié ?

C’est probablement la question la plus tapée sur Google par les futurs freelances. Et on comprend pourquoi.
Personne ne souhaite quitter un CDI confortable pour découvrir quelques mois plus tard que son compte bancaire ne suit pas ses ambitions. En même temps, les témoignages de freelances qui doublent leur salaire circulent partout. Alors, qui croire ?

Pour comprendre, il faut aller au-delà des idées reçues et regarder ce qui se passe vraiment sur le terrain. Tu vas voir que la réponse n’est ni complètement “oui”, ni complètement “non”. Elle dépend surtout du marché dans lequel tu joues… et de la façon dont tu joues la partie.

 

Un match plus serré qu’on ne le pense (mais pas pour les raisons qu’on imagine)

Commençons par les chiffres officiels.
Selon l’INSEE, le revenu médian des indépendants tourne autour de 25 000 euros nets par an, là où les salariés se situent à 24 300 euros.
Sur le papier, c’est presque la même chose.

Mais attention : cette moyenne cache une réalité beaucoup plus contrastée.
En freelance, les écarts de revenus sont énormes. Certains débutent avec moins de 1 500 euros nets par mois, tandis que d’autres dépassent largement les 70 000 ou 100 000 euros nets annuels. On est loin de la régularité d’un CDI.

Pourquoi une telle différence ? Parce qu’en freelance, les prix ne sont pas fixés par une grille interne, mais par le marché, l’offre, la demande et la rareté des compétences. Et certains secteurs sont littéralement en ébullition.

Selon Malt, un développeur confirmé facture entre 350 et 500 euros par jour, un expert cybersécurité peut, par exemple, monter à 700 euros, et un consultant senior tourne entre 450 et 600 euros.
À compétences égales, impossible pour un CDI de rivaliser.

Les charges, la retraite, la prévoyances, les dépenses : Autant de détails à prendre en compte

On parle souvent des revenus freelances, beaucoup moins de ce qui vient grignoter ce revenu.

Pourtant, c’est une partie essentielle de la comparaison. Un indépendant finance tout lui-même : son matériel, ses logiciels, ses outils, parfois même son espace de travail. Ce sont des dépenses invisibles pour un salarié, mais bien réelles pour un freelance, et elles impactent directement le net qu’il pourra se verser.

Viennent ensuite les charges sociales, qui varient fortement selon le statut. Une micro-entreprise tourne autour de 22 à 26 %, une EURL peut monter à environ 45 % du bénéfice, et une SASU dépasse régulièrement les 60 %. Autrement dit, le chiffre d’affaires n’a jamais été le revenu d’un freelance, et il faut intégrer cette mécanique dès le départ.

À cela s’ajoute la retraite et la prévoyance. En indépendant, les protections sociales sont plus faibles que dans un CDI. Sur le papier, ça paraît secondaire quand on démarre. En réalité, sur le long terme, ça change tout. Un freelance qui veut sécuriser son avenir devra souvent souscrire une complémentaire retraite, une prévoyance ou une assurance incapacité. Ces cotisations supplémentaires viennent, elles aussi, réduire le revenu net.

En résumé : gagner plus en freelance est possible, mais seulement si l’on prend en compte l’ensemble du modèle, pas seulement le tarif journalier.

 

la calculatrice sur un mobile

 

L’histoire de Paul : quand le freelancing devient un accélérateur de revenus

Pour mieux comprendre, prenons un exemple concret.
Paul est développeur depuis dix ans. En CDI, il touchait 3 200 euros nets, un joli salaire mais avec une grille qui plafonnait doucement.
Quand il passe freelance, il fixe un TJM à 450 euros, tout à fait cohérent avec son expérience.

Sur un mois “normal” à 14 jours facturés, ce qui correspond à la moyenne d’un freelance régulier, il génère :

  • 6 300 euros de chiffre d’affaires,
  • dont environ 1 386 euros de cotisations en micro-entreprise,
  • auxquels s’ajoutent quelques frais professionnels. 

Résultat : Paul se retrouve autour de 4 200 euros nets.
Sans travailler davantage. Sans courir après les heures sup.
Simplement en vendant une compétence rare, au bon endroit, au bon moment.

Et quand un mois passe à 16 ou 18 jours facturés, son revenu décolle encore plus.

 

Et puis il y a Julie : un talent certain, mais un marché qui ne suit pas

À l’inverse, l’histoire de Julie montre que le freelancing n’est pas toujours synonyme de jackpot.
Graphiste talentueuse, elle facture 300 euros par jour. Mais son secteur est très concurrentiel. Résultat : elle vend souvent seulement 8 à 10 jours par mois.

Une fois les cotisations, logiciels, matériel et impôts retirés, Julie tourne entre 1 700 et 2 100 euros nets.
Dans son ancien CDI, elle gagnait 2 300 euros nets, avec en plus la mutuelle et les congés payés.

Le problème ne vient pas de ses compétences, mais de son marché.
C’est la réalité la plus dure, mais aussi la plus essentielle à comprendre : en freelance, ce n’est pas ton talent qui fixe ton revenu. C’est ta rareté.

 

Parlons charges : la partie que les salariés ne voient jamais

On entend souvent que le freelance “paie moins de charges”.
En réalité, ce n’est vrai qu’en micro-entreprise, et encore… seulement sur le papier.

En prestations de services, les indépendants cotisent 26 % de leur chiffre d’affaires.
C’est séduisant, mais ce taux ne finance :

  • ni congés payés,
  • ni chômage,
  • ni mutuelle employeur,
  • ni une retraite comparable à celle d’un salarié. 

En entreprise individuelle ou en SASU, les cotisations grimpent souvent entre 30 et 45 % du bénéfice.
La protection est meilleure, mais le revenu net baisse.

C’est pour ça qu’un freelance peut afficher 6 000 euros de chiffre d’affaires… et n’en garder que la moitié ou moins.
Le télétravail, la liberté, la flexibilité ont donc un prix.

 

Pourquoi certains freelances gagnent vraiment plus : la tension sur les compétences ?

Le vrai secret, c’est la demande.
En 2023, la Banque de France signale que de très nombreuses entreprises déclaraient des difficultés de recrutement, ce qui témoigne d’un marché du travail tendu. Dans un tel contexte, les freelances spécialisés peuvent bénéficier d’un avantage : l’accès plus facile à des missions et une forte demande pour des compétences rares.

Un freelance devient une solution rapide, opérationnelle et plus flexible qu’un CDI.
Résultat : les tarifs montent, et les profils spécialisés deviennent très courtisés.

C’est exactement ce qui explique pourquoi Paul gagne plus et Julie moins.
Ce n’est pas une question d’effort, ni de talent.
C’est une question de marché.

 

Alors, on gagne vraiment plus en freelance ?

La réponse tient en trois lignes :

✔ Oui, si tu évolues dans un secteur recherché.

Tech, data, cybersécurité, stratégie, IA, marketing spécialisé, UX, product…

✔ Oui, si tu sais générer un flux régulier de missions.

Un bon TJM sans clients, ça ne sert à rien.

✔ Oui, si tu gères ton activité comme un business.

Facturation, trésorerie, positionnement, spécialisation, réseau…

❌ Non, si ton marché est saturé.

Tu peux être excellent… mais invisible au milieu de milliers de profils identiques.

❌ Non, si tu ne veux pas prospecter.

Un freelance qui n’aime pas vendre aura toujours un plafond bas.

 

Chiffres-freelance-vs-salarié

 

🎯 Ce qu’on peut retenir

Le salariat offre une stabilité rassurante.
Le freelancing offre un potentiel beaucoup plus élevé, mais demande une réflexion stratégique.

On peut vraiment gagner plus en freelance.
Mais on ne gagne pas plus par magie, ni par chance.
On gagne plus en comprenant comment fonctionne le marché… et en sachant exactement où se placer.

Si le salariat est un couloir, le freelancing est un terrain de jeu qui peux vous procurer plus de liberté et de fierté.

Certains avancent doucement.
D’autres courent plus vite.
Et quelques-uns franchissent la ligne d’arrivée avec un sourire large.

Le secret, c’est de choisir le bon terrain, celui qui vous.

 

Sources de l’article

INSEE
URSSAF
Malt
Banque de France

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